"L'Angleterre est unie, mais il y a en son sein deux pays... La bourgeoisie est ceux qui n'en sont pas. La langue est peut-être la même, mais ce sont deux pays différents."
Résumé du premier volume : C'est en rendant visite à son ancienne institutrice, Madame Stownar, que William Jones rencontre Emma, la domestique de la maison. Autour d'un portrait de William enfant, ils font connaissance et très vite William s'aperçoit qu'il n'est pas indifférent au charme de la soubrette. Pour la revoir, il va volontairement oublier ses gants. Une histoire d'amour impossible, entre un bourgeois gentilhomme et une domestique en plein cœur de l'Angleterre victorienne.
Editions : Ki-oon collection Latitudes
Nombre de pages : Entre 300 et 400 pages
Prix : 18 euros pour chaque volume
J'ai découvert cette série sur la chaîne de Justine - Fairy Neverland qui en a fait une chronique très élogieuse. Mais cette vidéo remonte un peu et je n'y pensais plus, jusqu'à ce que je vois cette série sur les rayonnages de la médiathèque. J'ai donc décidé de la lire, car les mangas sont rapides à lire, même si cela sont des beaux pavés qui ont un format de cahier de cours ou presque !
L'histoire est vraiment mignonne, c'est un sorte de Roméo e et Juliette revisité, sans le côté tragique heureusement ! En effet, nos deux personnages centraux vivent un amour impossible, du fait qu'ils ne viennent pas du même milieu social, le tout dans le Londres du XIXe siècle. J'ai vraiment beaucoup apprécié cet élément, cela est très bien mené par l'auteure ! Celle-ci nous livre d'ailleurs des flashbacks sur une grande partie des personnages, ce qui nous permet d'en apprendre plus sur leur vie, et des fois sur les liens qui les unissent.
Le récit ne souffre d'aucun temps mort et des récits bonus nous font changer de point de vue sur l'histoire, ce qui évite grandement les baisses de régime que l'on voit dans de nombreux manga.
Je pense que le fait d'avoir réédité la série en cinq gros tomes permet un meilleur découpage, on ne s'arrête plus au milieu de l'intrigue et je dois dire que le découpage est très bien réalisé.
Du point de vue du dessin, je l'ai trouvé magnifique, et c'est vraiment le gros plus de ce manga. Tous les personnages sont très réalistes, il y a un réel soucis du détail, tant sur les décors que les tenues. Les dessins sur deux pages sont mes préférés, il y a encore un plus grand travail derrière eux, et le résultat est juste époustouflant. La scène qui m'a le plus marquée est celle de l'exposition universelle, dans le premier ou deuxième tome, tellement elle est belle.
Le seul défaut que je trouve au dessin est clairement la trop grande ressemblance physique entre certains personnages secondaires qui nous embrouillent l'esprit. Il m'est arrivé souvent de les confondre, en particulier les jeunes filles et c'est un peu dommage.
Pour en revenir sur le contexte, j'ai trouvé très original que l'histoire se déroule en Angleterre et non au Japon, de plus pendant la période industrielle. On voit que la mangaka s'est vraiment renseignée, tout en reprenant des éléments "classiques" des manga japonais comme par exemple les tenues des servantes qui sont un mélange entre la version anglaise du 19e et la version "soubrette" du manga japonais.
En ce qui concerne les personnages, je les ai trouvés bien écrits, chacun a sa propre histoire bien développée, cela est utile et bien intégré au récit. J'ai particulièrement adoré Emma et William, il ressort d'eux une grande douceur et on ne peut avoir qu'un avis positif sur eux. Ils sont profondément bons et ne sont pas pervertis par la société dans laquelle ils vivent. Ce sont des personnages purs, et on espère tout du long le meilleur pour eux.
Les personnages secondaires sont aussi très intéressants, j'ai bien aimé l'ami indien de William (dont je ne me rappelle plus le nom) mais qui m'a souvent fait bien rire de part sa certaine excentricité.
On constate une réelle évolution des personnages jusqu'à la fin, et on a toujours envie d'en lire plus, de savoir s'ils arriveront à lutter pour leur amour même si de nombreux éléments ne jouent pas en leur faveur.

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